mercredi 25 mars 2015

Une revenante

Une revenante...

Il arrive dans la vie qu’on ait besoin de pauses et parfois, les pauses s’allongent et s’allongent. Puis un beau jour, une nouvelle impulsion revient s’accrocher à celle qui ne tenait plus qu’à un fil. Et c’est un nouveau départ. Quand j’ai commencé à animer ce blogue, sitôt après la fermeture de mon herboristerie, il me semblait que je pourrais le nourrir sans répit et que j’aurais toujours le désir d’y partager mes découvertes, mes photos, mes articles, mes vœux et mes réflexions du moment. Puis il y a eu ce long silence. Souvent, je recevais encore des courriels de lecteurs qui me disaient avoir aimé leur visite sur mon blogue et commentaient certains textes ou certaines images. Ça m’étonnait, mais ça contribua sans doute au fait que je ne fermais pas le blogue. Pas encore, entendais-je au fond de moi. Ça sert encore. On ne sait jamais.

Puis aujourd’hui, l’envie m’a repris. Je suis devenue tellement plus ermite qu’avant. Plus au ralenti. Je n’ai plus envie de donner de cours, de conférences, d’écrire des livres. Mais j’aime toujours profondément la nature, les plantes, la photographie, l’écriture. J’ai continué à pondre des articles ponctuellement. Je vais d’ailleurs bientôt en afficher certains, toujours pertinents dans le volet textes. J’ai continué à me lever tôt et à prendre des photos lumineuses de la Nature Vivante. Je suis allée voir le volet photos de ce blogue et je m’y reconnais. Comme j’ai arrêté d’en afficher des nouvelles au printemps, ce qui se trouve au premier plan correspondra à la réalité du moment... aussitôt que la neige fondra.

En fait j’ai décidé de ne rien changer du contenu de ce blogue. Je suis toujours en harmonie avec ce qui en constitue la trame. Je vais faire semblant qu’il ne s’est rien passé et je mettrai sous silence... le silence même.

J'y pense: je vais tout de suite aller mettre dans le volet texte un article que j’ai écrit sur le choix de ce silence qui m’est si cher.

Je vous dis d’avance que mes écrits sont de moins en moins pratico-pratiques et de plus en plus philosophiques, tout droits sortis des réflexions qui meublent mon univers de personne « retraitée », quoi que cela veuille bien dire. En tout cas, je ne me sens pas du tout retirée de la vie.

Non, je n’ai plus des acres de beaux jardins. Mes chevaux continuent à vivre en moi mais ils ne font plus partie de mon quotidien. Je fais toujours un petit potager et ma permaculture se porte très bien. En fait, je figure qu’il y a encore ici, à travers les valeureuses adventices, une très impressionnantes variété de plantes médicinales à partir desquelles je me fais une joie de fabriquer les quelques teintures-mères dont j’ai besoin pour ma propre santé et pour celle de mes proches. Je continue toujours à faire mes assaisonnements. Il y a encore assez de fleurs ici et là pour me réjouir le cœur, accommoder les insectes à la recherche de nectar et me donner la chance de me faire sécher une excellente tisane qui embaument les jours froids. Je tonds encore quelques sentiers pour me rendre jusqu’à l’étang. Les arbres ont continué à grandir et à prendre du panache. J’ai encore des cassis, des gadelles, des mûres, des bleuets et des framboises en abondance sans parler des bonnes pommes. La nature s’occupe très bien de moi et je me suis habituée à ses allures de sauvageonne et à ses exubérances que plus rien ne retient. Je me trouve tellement privilégiée de vivre ici. Chaque récolte est un cadeau du ciel… et de la terre. La fertilité et la beauté me touchent peut-être encore plus maintenant que je n’y travaille plus aussi intensivement. La terre n’a rien oublié. Je n’oublie pas non plus.

Alors, bien le bonjour! Ce printemps ne se décide pas à repousser l’hiver polaire que nous avons vécu cette année. Ce n’est qu’une question de temps. Il prépare sa venue et je me prépare le cœur pour l’accueillir. Mes semences sont prêtes. J’ai parti des semis d’arnica montana, de gloxinias grimpants et d’échéance purpurea qui attendent patiemment de trouver une place de choix dans ma petite serre. Pour l'instant, je ne peux m’approcher d'elle sans raquettes et sa porte est enneigée aux deux tiers. Mais comment ne pas faire confiance. Le printemps gagne toujours la partie éventuellement.



Ah! Que ce sera bon! J’ai hâte de sentir la terre, de voir les premières abeilles se précipiter sur les crocus à peine ouverts, encore enchâssés dans la neige, de sentir sur ma peau le vent intense de cette réjouissante saison. On s’en reparlera, n’est-ce pas?

Danièle Laberge, herboriste traditionnelle


Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire sur le blogue (n'oubliez pas d'inclure votre adresse courriel dans le message.), en devenant membre du blogue ou par un courriel personnel et vous ferez partie de la liste pour ces envois.          

2 commentaires:

CARMEN a dit...

jE VOUS AI ENVOYÉ UN COURRIEL DERNIÈREMENT, IL Y A UN MOIS ENVIRON. jE RETROUVE EN VOUS MA SOSIE AIMANTE DE LA NATURE.
j'AURAIS AIMÉ VOUS VISITER CET ÉTÉ, MAIS JE N'AI EU AUCUNE RÉPONSE À MON COMMENTAIRE, COURRIEL, DONC J'ESSAIE DE NOUVEAU DE VOUS CONTACTER.
J'AURAI 81 ANS EN AOÛT PROCHAIN ET JE SUIS TOUJOURS À CUEILLIR NÉPATA, PISSENLIT, MAUVE, GRANDE CONSOUDE, ACHILÉE, ETC ET EN FAIRE SÉCHER OU DERNIÈREMENT TRANSFORMER EN POMMADE.
CARMEN BOLDUC, STE ANNE DE LA ROCHELLE, QC.

Anonyme a dit...

Quel bonheur de vous retrouver après ce long silence. Vos textes sont toujours à propos et toujours très juste. Continuez à nous faire partager votre passion des plantes et de la nature. Je vous remercie d'avoir promu l'herboristerie depuis toutes ces années et pour les années à venir. J'ai hâte de lire vos prochains post. À bientôt je l'espère. Je vous partage mon adresse courriel pour faire parti de votre liste de contact. clematite@ymail.com

Bien à vous Roxanne