mercredi 14 septembre 2011

L'héritage de l'Armoire aux Herbes



L’HÉRITAGE DE L’ARMOIRE AUX HERBES

PAR DANIÈLE LABERGE ET HÉLÈNE LABERGE

Recettes, savoir-faire et guide santé
Compendium pour savoir quand et comment fabriquer des produits d’herboristerie et les utiliser avec succès
Il contient l’essence de ce qui a fait le succès de L’Armoire aux Herbes durant près de 30 ans, incluant la méthodologie et les recettes des produits d’herboristerie traditionnelle qui y ont été fabriqués.
 Des milliers de personnes et de thérapeutes les ont utilisés avec
succès. Le contenu du populaire Guide de santé de L’Armoire aux Herbes, qui a été vendu à plus de 9000 exemplaires, est intégré dans cet ouvrage.
Format : 8,5” H x 7” L | 412 pages


Disponible dès maintenant sur le site web de l’Herbothèque

http://www.herbotheque.com/products-page/

« Lorsque la décision fut prise de fermer l’Armoire, une idée me vint, une étape importante de clôture de ce beau projet. Je devrais assembler un document dans lequel nous partagerions toutes nos recettes, en détails, toutes nos procédures de récoltes, séchage et fabrication pour les nombreux produits qui ont tissé notre réputation et fait leurs preuves pendant trois décennies. Une façon pour nous d’assurer la continuité d’une approche qui mérite de vivre encore longtemps… Grâce à ce compendium, de nombreuses personnes pourraient bénéficier de nos expériences, soit en faisant leurs propres produits ou en supportant des herboristes qui les fabriqueraient en région, et les rendraient directement disponibles aux clients et thérapeutes de leur entourage, sans étalages dans les magasins, sans se taper la lente, lourde et coûteuse démarche gouvernementale. Ce document ferait passer à la tradition le témoignage vivant et les trésors de l’Armoire aux Herbes. Le legs de l’Armoire aux Herbes se veut bien davantage qu’un compendium technique de bonnes recettes herbales éprouvées, quoique les formules qui ont bien servi ses clients et amis en fassent très certainement partie. Les libérer et les offrir à toutes les personnes qui auraient envie de les reproduire ou de les faire reproduire par d’autres dans l’espoir d’aller mieux me semble une galante façon de répudier les réticences gouvernementales à leur égard. Une façon aussi de contribuer à encourager l’herboriste à créer ses remèdes et à les offrir à ses proches avec confiance.
Mais comme les témoignages que vous pourrez lire dans le livre l’indiquent clairement, c’est bien autre chose que des produits d’herboristerie qui ont touché le cœur des gens qui furent associés, de près ou de loin, à l’Armoire aux Herbes. Ce qui a été transmis, ce qui a été reçu, c’est l’approche consciente de cette petite entreprise à échelle humaine, l’amour et le respect de la vie qui furent à la base de mille petits gestes quotidiens permettant l’éclosion de tels produits. Qu’il s’agisse de cueillir des fleurs une à une, au moment parfait pour en recueillir l’intention, de ramasser les semences de centaines d’espèces tous les ans afin de permettre une sélection conduisant à toujours plus de vie, de se préoccuper de la beauté bien davantage que du profit, d’ouvrir les jardins afin que la guérison subtile s’y opère, tout à l’Armoire était éminemment sacré. » (Danièle Laberge)

Parfums, saveurs et couleurs d’un début d’automne enlevant
Bouquet d'automne


Il a gelé dimanche dernier, jour de pleine lune de septembre. C’est ainsi. Ce premier grand coup de froid « trompette » aux plantes qu’il est déjà temps de se rapatrier, grand temps de faire ses semences et de ramener ses réserves dans les racines, du moins si on est assez vivace pour envisager un retour l’an prochain.  Il signale aussi aux jardiniers qu’il faut se hâter de récolter les derniers légumes fragiles et démarrer les travaux d’automne. Les chenilles sont un rappel des froids qui accourent, tout comme le sont les chats qui redoublent d’ardeur chasseresse afin de prévenir l’exode des petits rongeurs vers les vieilles maisons de campagne si alléchantes en ce temps de l’année. Je me souviens qu’ici, immanquablement, les premiers gels venaient en août et ce jusqu’aux trois dernières automnes. Quelques semaines de plus, quel merveilleux répit! Surtout lorsque l’été a été écourté par un printemps froid qui n’en finissait pas et des nuits qui n’ont transpiré de chaleur qu’à quelques reprises cet été!   


Grâce aux pluies abondantes des dernières semaines, le vert est encore bien vert. Au potager, l’abondance règne et les cadeaux de la terre se multiplient. J’achève la transformation des légumes du potager que je prévois minutieusement afin de ne pas me retrouver avec des surplus au printemps suivant. Mes congélateurs sont pleins à craquer, mon séchoir n’a pas dérougi, les pots de conserves brillent de promesses gustatives biodynamiques. Au jardin, les haricots continuent de manifester une ferveur incessante à tel point que j’ai décidé de laisser toutes les fèves grimpantes, dont les Gold Mary que nous affectionnons particulièrement, remplir leurs longues cosses de semences pour l’an prochain. Les zucchinis, comme toujours, produisent bien davantage qu’on anticipait. Les cornichons qui de plus en plus remplacent chez moi les concombres, plus exigeants en chaleur et plus envahissants dans ma petite serre, nous offrent des récoltes quotidiennes. Et vive le compost quand les amis et la famille sont outrancièrement comblés…

Nous avons déterré les pommes de terre la semaine dernière. Vendredi, nous avons détaché les courges d’hiver de leurs vignes. Nous aimons particulièrement les petites Delicata, dont le goût de patate sucrée nous enchante. Les oignons sont étendus sur des treillis dans un bâtiment sombre et sèchent leurs collerettes. Bientôt, ils rejoindront en sacs de filet les échalotes françaises et l’ail qui pendent déjà sur les poutres au deuxième étage de la maison. La petite serre est chauffée quand les nuits se font trop fraîches et les tomates continuent de mûrir, sur les plants comme sur des plateaux dans la maison. Dès qu’il y en a assez de bien tendres, je les mets en pots. Nous avons déjà mis en conserve notre merveilleuse crème de tomates, plus de 60 pots.

Les choux d’hiver sont tellement lourds que j’en offrirai plusieurs à mon amie Chantal, la championne de la choucroute lacto-fermentée en échange de quelques bons petits pots. Parlant de lacto-fermentations, mon gros croc à joint d’eau a cessé de glouglouter. Mardi, ça fera trois semaines que j’y ai mis à fermenter un mélange de carottes et d’oignons. Il sera temps d’ouvrir, d’empoter et de descendre le tout au frais dans ma cave/caveau. Sur le comptoir de la cuisine, un pot de fèves jaunes émincées fermente allègrement depuis deux semaines. Les jus de carottes et les betteraves râpées font leur apparition et les poireaux agrémentent les repas, comme les pommes, évidemment. Ah! Les pommes! Des merveilles! Elles ont fourni de nombreux pots de compote savoureuse et des petites gelées aromatisées aux herbes et autres fruits qui en plus de nous sucrer le bec, feront des superbes cadeaux. Mes ronces ont commencé cette année à donner assez de mûres pour qu’il en reste à ramener à la maison après un dessert pris directement devant les plants. Les ronciers odorants rivalisent de saveur eux aussi. Les vignes, encore jeunes, ont quand même donné plusieurs belles grappes de petit raisin tendre et savoureux. Quant au maïs,  c’est un régal tout aussi sucré et croquant (craquant!) que les fruits de fin d’été.

Ce n’est pas tout de bien manger, il faut aussi penser à se soigner et à hausser ses vibrations en se remplissant le cœur de beauté. À ce titre, on n’est pas en manque en septembre. Malgré l’envahissement des parcelles, mon armoire aux herbes domestique est bien garnie. Je viens de faire la teinture-mère de withanie, cet excellent anti-inflammatoire et de racine de patience crépue, ce dépuratif puissant. Il ne me reste maintenant à faire que quelques petits pots de plus: guimauve, hydraste du Canada, bardane. J’attends que ce soit aussi le temps de diviser ces plantes pour faire d’une pierre deux coups. Mes îlots près de la maison sont de plus en plus à l’ombre à mesure que croissent les arbres. Astilbes, fougères et actées y prendront leur place. Lors de la grosse tempête de pluie et vent, le houblon s’est décroché de la cabane à hirondelles pourpre qu’il atteint malgré la hauteur démesurée du poteau. Qu’à cela ne tienne. La récolte a été facilitée, puisque les plus belles fleurs se trouvaient en haut.
Les sureaux blancs sont noirs de fruits qui font courber l’échine à tous ces grands arbustes. Les oiseaux s’en donnent à cœur joie et leurs déjections en planteront partout. Ce qui maintenant me fait plaisir. On a tellement dû en désherber du temps de l’Armoire… Les cynorrhodons sont abondants et géants. En tisanes, ils partageront leur vitamine C cet hiver. La mélisse est en fleurs, tout comme l’hysope à l’anis. Le vitex, que jamais rien ne perturbe, est éclatant. L’astragale est ravissant alors qu’il se couvre de fleurs et de cosses. Quand au persil, il a fait et continue de faire une croissance endiablée. On ne dirait même pas qu’on en a récolté et consommé tout l’été. Chaque jour, j’ai des surprises. Hier, j’ai aperçu dans ce qui fut le jardin rond, un beau plant d’échinacée « Double decker ». J’ai aussi pu constater que la busserole, pour qui nous avions toujours peiné, cherchant à lui offrir le sol sablonneux qui lui convient, s’est glissée hors de son lit et tapisse maintenant joyeusement l’asphalte de l’entrée.
  
Pour ce qui est de se remplir le cœur et les sens de beauté, ce n’est pas un problème. Le parfum anisé des fenouils m’accueille au petit matin, et de soir comme de nuit, les grandes actées embaument l’air frais de relents quasi tropicaux. Les toiles d’araignées aux tessitures complexes, sont impressionnantes dans le brouillard qui précède la lumière vive du jour. Les sauterelles animent les buissons et je ne me lasse pas de les prendre en photos. Elles me regardent dans les yeux quand je les surprends ou qu’à leur tour, elles me font sursauter. Que dire de la magnificence des anémones d’automne qui s’unissent aux grandes impatiences pour créer des spectacles de voltiges en hauteur. Comme les insectes pollinisateurs, j’apprécie l’extravagance des asters sauvages alors que s’éteignent déjà les verges d’or.

Il est temps de déballer les monnaies du pape. Une capsule de soie glissée dans votre portemonnaie, le gardera bien garni toute l’année, si on en croit la tradition. Pourquoi pas? Les lanternes chinoises se sont maintenant colorées d’oranger, tout comme les fruits des sorbiers des oiseaux, Les feuilles de vinaigrier ont commencé à se parer de feu et leurs fruits sont fin prêts à récolter pour les éventuels maux de gorge ne résistant pas à la tisane au goût acidulé qu’ils procurent. Les quelques tournesols qui voisinent le maïs au potager ont atteint des tailles impressionnantes, tout comme les raisins d’Amérique. Les glories qui ont grimpé sur l’arche du potager se cherchent des nuages auxquels s’accrocher. Elles auraient encore de l’énergie pour monter plus haut.
  
J’ai cueilli hier les derniers glaïeuls. Mes bouquets se parent d’automne : œillets d’inde, centaurées bleuets, hydrangées, viorne à fruits bleus ou rouges, châtaignes, marrons, cosses de féviers. Sans oublier les dernières roses de l’été, « à nulle autres pareilles » et les minuscules lis crapaud (Tricyrtis spp), ces vivaces au feuillage caduc très rustiques. Leurs fleurs en étoile mouchetées de pourpre, beige et rose ressemblent à des orchidées délicates.
Quant à assurer la postérité des plantes, ça semble se faire tout seul quand on ne désherbe pas tout ce qui choisit de pousser. Déjà, c’est le retour des pavots, des camomilles, des mauves, des calendules des champs, de l’aneth. Les nouvelles pousses périront, mais il restera bien assez de graines dans le sol pour qu’il en émerge tout plein le printemps venu. Je laisse donc se ressemer librement les digitales, guimauves, cataires, grandes camomilles, fenouils bronze, centaurées, échinacées, grandes impatientes, myrrhes odorantes, pigamons, nicandras, aigremoines, vipérines, anchuses, etc.

Je répands même des poignées de leurs semences afin de faciliter le travail de la terre et de les introduire ici et là dans mes jardins devenus champs fleuris. J’ai rentré au chaud les plantes en pot qui vivront l’hiver avec moi : amaryllis, romarins, camélia, laurier sauce, etc. J’ai récolté les graines dont j’aurai besoin pour les semis sous verre de basilic sacré, belle de nuit, calendule blonde, gloxinia grimpant, etc.

Les oiseaux mouches viennent tôt le matin et demeurent tard aux abreuvoirs. Les nuits se font longues et froides. Ils partiront bientôt.

Dans les semaines qui viennent, il faudra tailler et attacher les framboisiers, lever les bulbes d’été ne pouvant survivre à nos hivers, qu’on cultive comme des annuelles, rabattre les vivaces, planter l’ail et les échalottes françaises. Il faudra… On devra… Mais pas aujourd’hui.


Aujourd’hui, l’air est doux et il reste du temps pour une promenade avant que tombe la nuit. J’y vais!


Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com
Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire, en devenant membre du blogue ou par un courriel et vous ferez partie de la liste pour ces envois. 



dimanche 7 août 2011

Devenir une bonne récolte!

L'arche fleurie du potager annonce l'abondance

Aujourd’hui, lourdeur, chaleur et moiteur sertissent ce beau dimanche d’août qui, pour beaucoup de gens, marque la fin des vacances d’été. L’humidité et l’immobilité de l’air enchantent les plantes estivales. La sècheresse menace. Certains d’entre nous ont connu des grands orages ces derniers temps, accompagnés de pluies diluviennes. Ici, par contre, l’eau du ciel s’est faite rare depuis un mois et ce fut toute une adaptation pour les plantes qui avaient été gavées par des ondées fréquentes et des nuits fraîches depuis le début du printemps. L’eau a tellement baissé dans l’étang que j’ai dû commencer à l’irriguer afin de compenser pour l’évapotranspiration excessive qui menaçait la survie de mes chers nénufars. Souvent, déjà, ça sent la fin de l’été. Les levers de soleil illuminent d’abondantes rosées qui glacent les pieds. Les verges d’or sont en fleurs depuis des semaines. Les fleurs des roses-trémières s’ouvrent tout en haut des longues tiges et les fleurs de molène se hissent rapidement le long de leurs mats velus. Les mauves de Mauritanie s’enflamment dans une floraison démesurée, les calendule ne montrent pas le moindre signe d’essoufflement. Irrémédiablement, les jours de chaleur intense font mûrir tout ce beau monde végétal qui vieillit maintenant à vue d’œil. Les graminées s'affaissent. Beaucoup de vivaces comme les misères (tradescantias) se couchent en rond sous le poids de la matière. C’est le temps de tailler et de tuteurer ce dont on veut préserver les graines. C’est le temps d’engranger et cette activité durera incessamment jusqu’aux grandes gelées. Que la nature est généreuse! 
Je me souviens au début de ma carrière quand j’ai rencontré Mildred Lohrer, la vieille herboriste du Michigan. Elle avait eu des grands jardins de plantes médicinales, y avait reçu des milliers de visiteurs, animé d’innombrables ateliers et soigné tout ce qui, dans le besoin, avait croisé son chemin de femme dévouée au service de la santé. Malgré son âge et le fait qu’elle ne cultivait plus depuis belle lurette la parcelle derrière sa vieille demeure, elle ne cessait d’offrir ses surplus aux plus jeunes jardiniers et guérisseurs qui recherchaient sa fertile présence. En plus de la connaissance, elle répandait sur nous en toute gratuité d’abondantes récoltes de tomates volontaires, des mannes de raisins, des brassées de fleurs et des poignées de semences à apprivoiser, sans parler des piles d’articles jaunis et carnets de découvertes notées au fil du temps. Je trouvais cela si extraordinaire. Et ça l’était. J’imagine que ce jardin, devenu corne d’abondance spontanée, a été pavé pour accommoder la ville avoisinante. Le véritable legs de Mildred ne fut pas la matière qu’elle donnait à tout venant, mais l’inspiration, la confiance, l’exemple d’une vie entière d’amour du végétal et de don de soi. Elle joua un rôle tellement vital dans ma vie.
Ces temps-ci, je pense souvent à elle. Surtout depuis que mon jardin devient champs fleuris. J’ai l’impression de nager comme elle dans l’abondance. Cet été, on a littéralement croulé sous les fruits : gadelles, bleuets, cassis, framboises, fraises… J’ai invité des tas d’amis à venir s’en cueillir. Encore maintenant, il reste des gallons de cassis et de bleuets. Même les oiseaux sont rassasiés et les congélateurs sont bien garnis pour les mois d’hiver. Il y aura amplement de petits pots de confitures et de gelées à offrir avec plaisir tout au long de l’année. Et vous devriez voir les cynorrhodons qui se développent. Gros comme des petites pommes… et déjà mûrs, avant même que ne noircissent les fruits des sureaux et que ne rougissent les fruits des ronciers odorants! Faut croire qu’on aura grand besoin d’antioxydants et de vitamine C… Quant aux pommiers, ils ploient sous les fruits qui déjà rosissent et se pâment de sucre.
Malgré toute cette splendeur, j’ai passé la semaine à pleurer comme une madeleine… Non, je ne pleurais pas le fait que le temps des petits pois et des mangetouts s’achève, que les brocolis géants sont tous prêts en même temps, que les choux fleurs blancs comme neige battent des records de taille et de bon goût, que… Non! Pas davantage que je ne pleurais de désespoir devant l’envahissement du jardin par les adventices. D'ailleurs, je n’ai jamais autant photographié de splendides bardanes! Je ne pleurais pas parce que les pavots sont devenus capsules, que le maïs est bientôt prêt et que les haricots se font abondants au point de devenir envahissants. Je pleurais à chaudes larmes parce que… parce que…
Suite demain.
Ce texte est bien assez long.
Je veux ajouter sans faute des photos récentes à l’album du blogue. Je veux aussi aller me promener et profiter de cette journée de vie intense et fabuleuse.
Ça prend bien peu de choses au fond pour être heureux: ça prend de remarquer qu’on l’est et de remercier la vie de la conscience de l’être. C’est un état d’âme qui se vit au présent, sans souffrir de ce qui fut et de ce qui sera peut-être plus tard. C’est une halte bien méritée où l’on célèbre sa vie et ce dont on a su s’entourer. C’est se savoir là où l’on veut être. C’est arriver enfin au rendez-vous avec soi-même, sans se mettre tout plein de conditions ou de défis pour y avoir droit. C’est un état qui ne souffre nulle comparaison, ni avec ce qu’on a été ou vécu, ni avec ce que les autres vivent ou semblent être.
Je pense à vous qui me lisez. C’est tellement précieux de sentir que nous sommes ensemble, nombreux à désirer que cette terre soit de plus en plus humaine.
« Nous devenons ce que nous admirons. » disait Gandhi. Nous sommes en train de devenir… un bien beau jardin et une bonne récolte!



Devenir une bonne récolte – suite et fin

Ah! Notre soupe à l'oignon en conserve! Du soleil en réserve!



Et alors, ces larmes, pourquoi, me demanderez-vous? Mêlez-vous de vos oignons! Non! Ce n’est pas ce que je voulais dire… Tout simplement parce que ce fut ici LA semaine des oignons. Le potager en regorgeait : magnifiques, tendres et juteux à souhaits, mais arborant de bien trop gros cous pour se préserver cet hiver. Alors au boulot! Ravale tes larmes et coupe! Je dois avouer que je pleure bien moins qu’avant quand je prépare des oignons. J’utilise des lunettes du type natation et cela fonctionne assez bien quoique je vois beaucoup moins bien avec elles qu’avec mes vraies lunettes. Double prudence est de rigueur. Et de plus, je coupe et tranche avec rapidité et efficacité des montagnes d’oignons en un temps record en utilisant des petits bijoux d’efficacité, les coupe-légumes et tranches oignons de la compagnie suédoise Alligator (disponibles entre autre sur Amazon.ca à coût assez modique). Malgré tout, je pleure. C’est qu’il est vraiment difficile de résister au grand pouvoir irritant des oignons. J’ai essayé des tas de trucs comme de les refroidir avant de les couper ou encore de les couper sous un filet d’eau. Ça irait peut-être pour quelques unités, mais pas pour les multitudes! Et qui a de la place pour les réfrigérer ou souhaite les manipuler mouillés et dilués? 
Mais qu’est-ce qui fait de l’oignon un tel tyran? Quand on écrase ses cellules, des enzymes sont libérées, dont l'allinase qui réagit alors avec un autre composant de l'oignon (1-propényl-L-cystéine sulfoxyde) pour former du propanthial S-oxyde, à partir du 1-propényl-L-cystéine sulfoxyde. Oui pis? Ce dernier étant volatile s'échappe sous forme de gaz, très agressif pour nos yeux. C'est lui le responsable de nos pleurs ! Lorsque ce composé soufré entre en contact avec le liquide qui protège nos yeux des poussières en baignant notre cornée, il se dissout entraînant la formation d'acide sulfurique particulièrement irritant. Pour se défendre, le cerveau provoque une grande production de larmes et le clignement des yeux. Le battement des paupières étale le liquide sur toute la surface des yeux : autrement dit, les larmes sont produites abondamment pour rincer les yeux. Hélas, le produit lacrimogène devenant, en présence d'eau, de l'acide sulfurique, plus on pleure, plus il y a d'eau et donc plus il y a d'acide sulfurique et plus on pleure... Alors aussi bien en profiter et pleurer un bon coup, en sachant que ça ne va pas durer, en tout cas pas aussi longtemps que les larmes des peines de cœur.
Et qu’est-ce que je fais de tous ces oignons? J’en prépare des sachets sous vide pour la congélation. Ils seront prêts pour les soupes de l’hiver. Ce qui est formidable avec les oignons, c’est qu’on n’a pas à les blanchir avant de les surgeler. J’en fais aussi sécher pour les mettre en poudre et les intégrer à mon sel d’herbes maison. Mais surtout, j’en fais de la soupe à l’oignon en conserve. Des repas nourrissants et vitaminés, délicieux et vite réchauffés au four avec croûtons et fromage gratiné si désiré. Il faut bien suivre la recette et surtout respecter  le temps de stérilisation dans la marmite à pression. Je vous en donne la recette dans les astuces saisonnières. Avec l’aide inestimable de Frédéric, devenu un vrai champion de la préservation, nous en avons préparé plus de 80 pots en deux jours! C’était bien bon de travailler en équipe, de partager en paix des joies simples, de vivre la solidarité, de juguler ce qui sépare et de s’ouvrir à ce qui unit. Comme l’écrit si bien Anne Grossouvre : « Je sentais la justesse d’une vie qui coule naturellement de sa source créatrice aux gestes du quotidien, et qui s’est donné les moyens de s’en souvenir jour après jour. » Des gestes simples, rien de bien important, rien de bien décisif encore, juste une mélodie qui s’installe. Le travail nous ancre, il nous garde centrés et rythmiques. Il ne doit cependant jamais devenir une démesure. Il ne doit pas remplacer le sommeil, le plaisir, le répit, le reste de la vie. Aussi, là-dessus, je vous quitte pour aller déjeûner aux bleuets. Bonne semaine et bonne soupe à l’oignon, si vous en avez le goût!



Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com

Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire (incluant votre adresse courriel) ou par un courriel à partir de votre propre boîte courriel et vous ferez partie de la liste pour ces envois. Mais il faudra sans faute joindre votre adresse courriel sinon, je ne pourrai pas vous ajouter au groupe.

dimanche 17 juillet 2011

Belle journée de grande chaleur estivale!

Ail! Je tresse, tu tresses... 
Ce dimanche matin, après les récoltes de mezclun, radis, échalottes, pois mange-tout, zucchinis et framboises, ma sœur Hélène, Frédéric et moi avons levé l’ail, l’avons pelé et après avoir coupé ses racines, l’avons installé sur les tables du grand séchoir. Une récolte formidable, après plusieurs jours de beau temps. On nous prévoit des orages plus tard dans la journée et demain. Il était donc essentiel de récolter. Nous sommes de plus en racines au calendrier biodynamique et c’est idéal pour la préservation de l’ail. Après les récoltes géantes (plus de 3000 têtes) du temps de l’Armoire aux Herbes, les 320 têtes d’ail que nous cultivons maintenant sont vite préparées. Après les avoir laissé sécher quelques jours, nous casserons les tiges, puis encore quelques jours et nous les tresserons (24 belles grosses tresses). Nous suspendrons ensuite les tresses dans ma maison, au grenier sur les poutres et ventilerons pour qu’elles se gardent bien jusqu’à l’été prochain. Nous mettrons de côté les quatre plus belles tresses pour la semence que nous planterons quand viendra l’automne. Les autres seront pour toute la famille et quelques amis proches. Nous ne ferons pas de tonique à l’ail cette année car celui que nous avons fait l’été dernier sera efficace jusqu’en 2013. En passant, si vous en voulez, l’Herbothèque offre pour la dernière fois notre excellent surplus de l’an dernier (herbotheque.com). De nombreux et intéressants ateliers sont offerts cet été à l'Herbothèque: vous pourrez en lire les descriptions sur leur magnifique site web.
Au jardin, les dernières fleurs de digitale persistent au sommet des grandes tiges, les monardes commencent à s’éclater en grandes fleurs ébouriffées. Les hémérocalles colorent le temps qui passe. Les roses-trémières s’ouvrent et adoucissent les espaces qu’elles colonisent. La chicorée sauvage bleuit, le millepertuis illumine l’air ambiant. Le houblon a atteint la cabane des hirondelles pourpres. J’ai fait ma teinture-mère d’agripaume. Hier, j’ai fait sécher de la calendule pour les tisanes de la saison froide et de la mauve. Le basilic a déjà été taillé deux fois et ses feuilles parfumées ont parfaitement séché en gardant leur magnifique couleur. Il en est de même pour la bourrache, le trèfle rouge, la verveine citronnée, la menthe poivrée, etc. Les framboises sont tellement abondantes qu’on ne voit pas la fin des rangs, les pois et les mange-tout sont indescriptibles de vitalité et de générosité, les bleuets commencent à murir sous leurs voiles, incontournables si on veut en soutirer quelques uns aux oiseaux. J’ai déjà fait du jus et de la gelée de gadelles et j’en cueillerai encore quand il fera plus frais. Les plants de cassis ploient littéralement sous les fruits. Il sont déjà bien noirs, mais pas encore tout à fait assez tendres sous les doigts. Les sureaux noirs laissent choir leurs petites fleurs blanches et les fruits apparaissent déjà. Nous avons installé une bâche flottante sur une section des ronciers afin de goûter les mûres plus tard en saison et avons fait de même sur les petits kiwis, que nous n’avons jamais encore réussi à savourer, les amis ailés les adorant et n’attendant même pas qu’ils soient prêts… pour nous. Le potager est magnifique et il n’a pas été nécessaire d’arroser une seule fois à date. L’eau vient toujours au bon moment. Dans la petite serre, les tomates s’annoncent et les premiers concombres ne se laisseront pas désirer encore très longtemps. Quand aux adventices, si présentes dans ces jardins dont la plus grande surface leur a été remise, elles se portent à merveilles. Je m’émerveille de toutes les espèces de graminées qui dansent au vent et je photographie même les laiterons.
Mon plus grand plaisir ces jours-ci est de visiter les pavots tôt le matin. J’adore les pavots. Ce sont les fleurs les plus photographiées ici et ce depuis bien des années. Les pavots sont toujours spectaculaires, se sachant tellement aimés. Des nuées d’abeilles solitaires et autres alliés ailés se vautrent dans leurs cœurs débordants de nectar et de pollen. Cette année, je dois un grand merci à mes grandes amies Noémi, Maïa et Danaë qui, lors d’une visite, ont relevé le défi de désherber la planche où les pavots étaient menacés dans leur survie par des milliers de laiterons affamés qui auraient vite fait de les déloger. Un travail de précision et de grande patience… Je pense à vous chaque fois que je les regarde, les filles. Ah! Que c’est bon d’avoir de si charmantes et talentueuses amies! Voici pour les nouvelles. Pour voir le tout en images, allez dans la section photos. J’en ai ajouté des récentes ravissantes.





Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com




Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire (incluant votre adresse courriel) ou par un courriel à partir de votre propre boîte courriel et vous ferez partie de la liste pour ces envois. Mais il faudra sans faute joindre votre adresse courriel sinon, je ne pourrai pas vous ajouter au groupe.  
    

vendredi 1 juillet 2011

Fête du Canada et nouvelle lune!

Ravissante anomalie de camomille à deux coeurs en coeur!

Jour de nouvelle lune. Jour de la fête du Canada. Bonheur de vivre sur une si belle terre où on est libre… même de nos errances. Au jardin, les plantes qui aiment le froid ont profité en juin, alors que les chaleureuses végètent un peu en attendant leur tour. Il finira bien par s’installer, du moins le temps d’un clin d’œil taquin, cet été tant espéré! La mise à l’épreuve crée des plantes résistantes et puissamment bénéfiques.

Qu’est ce qui est normal, dans un monde où tout change, se transforme, se diversifie? On aura beau essayer de niveler, que ce soit par le haut ou par le bas, rien ne repasse deux fois de la même exacte manière ici-bas. La norme, c’est l’anomalie. Les anomalies dans la nature m’intriguent. Il y en a tellement et pour les remarquer, il faut bien connaître l’espèce qui les permet. Les anomalies touchent mon cœur de guérisseuse. Quand l’être humain se sent anormal, il en souffre. Mais la plante, elle, se permet d’afficher sans vergogne ce qui la fait différer du moule, un moule qui pourtant est configuré pour contenir les différences. La nature accepte la différence, l’apprécie même. Nous avons tellement à apprendre de cette approche non-dualiste. Elle seule nous permettra d’apprendre à vivre en harmonie avec l'environnement en maintenant à tout prix le niveau énergétique approprié.

Steiner rappelait que les choses cachées peuvent se découvrir si le regard s’exerce à décrypter leur langage secret. Il voulait réveiller la confiance en un monde invisible existant derrière le visible, à la portée de celui qui le cherche, car le pouvoir de connaître peut se développer chez l’homme à l’infini; lui-même en était un exemple authentique.
Il écrivait : « Si vous n’êtes pas clairvoyants, vous pouvez le devenir. Vous êtes des aveugles opérables. » Car chaque être humain porte en lui à l’état latent des organes qui lui donneraient des perceptions suprasensibles s’ils entraient en activité. Écouter la description précise d’un monde que l’on entrevoit, voilà qui peut le mieux réveiller ces organes en léthargie.

Le moindre détail peut devenir tout un monde quand on lui accorde son regard et son temps. « Il ne suffit que de regarder une chose avec attention pour qu’elle devienne intéressante. » ( Eugenio d’Ors) Nous avons beaucoup de chance d’être aux premières loges de la nature vivante. La nature n’est jamais séparée des réalités et des cycles de la terre.  Chaque plante est totalement elle-même. Elle ne s’excuse pas de la façon dont elle a passé sa saison de croissance. Elle ne regrette pas ses faiblesses. Elle est. Elle ne vit pas dans une image mentale d’elle-même. Elle n’a pas d’image à protéger. Elle est unie à elle-même et entièrement unie à la totalité. Elle ne s’est pas retirée du tout. La contemplation de la plante, complètement matérielle et complètement spirituelle en même temps, nous libère de l’illusion de séparation dont souffre péniblement notre moi.

Il y a bien là matière à quelque réflexion, n’est-ce pas? En attendant, je vais aller cueillir de la camomille. Sous toutes ses formes, dans toutes ses variances, elle représente à mes yeux la douceur ultime du monde, le baume à déposer sur le cœur des inquiets de notre société. Elle est le tendre et le sucré de la vie, ce qui confirme et ennoblit, l’heureux mariage du soleil et de l’Esprit. 


Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com

Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire ou par un courriel et vous ferez partie de la liste pour ces envois. 
 

mardi 21 juin 2011

Heureux solstice d'été!

Harmonie naturalisée
Malgré les nuits encore très froides, l’été arrive. Le soleil est revenu pour que tout s’équilibre. Les vibrations sont très intenses à ce temps-ci de l’année. Entre la pleine lune, le solstice d’été et la St-Jean, on se ressent profondément, si on est le moindrement sensible, de ces passages où les cycles atteignent leur apogée avant de redescendre… vers… l’hiver… Effectivement la terre, après avoir exhalé jusqu’au bout son grand souffle annuel, bien que nous verrons se manifester la splendeur de l’expression de sa générosité jusqu’aux grands gels, se ramène et se re-contracte afin de re-contacter son centre et son essence. Dans le silence intime et majestueux des matins silencieux, mon nouveau jardin se dévoile. Mon vouloir pour lui... et pour moi... se tait enfin pour savourer ce qui ne sera plus jamais exactement ainsi. Je suis dans le havre qui me convient, là où le règne de la nature se met d’accord avec l’humain qui y entre comme en un temple... La beauté reconnue et gratifiée est la petite porte par laquelle on atteint la profondeur, celle où je me sens soutenue sur une voie qui n’est pas toujours facile. C’est ici que j’apprends à accepter l’ordre des choses et à entrevoir en quoi je peux jouer un petit rôle. C’est ici que je développe la certitude que malgré toutes les polémiques, les difficultés, je peux continuer d’exister tout en gardant ouverture, profondeur et sincérité. J’apprends à accueillir, à comprendre sans d’ailleurs forcément approuver, ce qui évite les amalgames, le syncrétisme, la dilution ou les généralités. Je suis enrichie par les expériences, les témoignages des plantes, leur seule présence. Elles m’invitent à un changement, changement perpétuel, le changement de la vie elle-même. Ici, l’énergie circule, s’exprime de mille manières, comme des milliers de lumières multicolores qui s’assemblent et se juxtaposent pour éclairer le monde d’un jour nouveau.

Heureux solstice d’été!
Inspirante St Jean!
Ces quelques jours de répit et de festivités
Se prennent bien
Après les essoufflements
De la plantation.
Les nuages et les nuits encore fraîches
Assistent l’ancrage des plantes
Mises en terre ces deniers temps.
Une fois de plus,
Nous avons donné à la Terre
Toute l’énergie que nous contenons…
Enfin presque...
Déjà, nous sommes dans les récoltes
De plantes soignantes vivaces :
Agripaume, mauve, arnica, ache,
Hysope, camomille, mélisse, consoude.
Les fleurs de juin nous réjouissent :
Pivoines, alliums, ciboulette, pavot,
Iris, rose, alchémille, clématites.
Les matins sont enchanteurs,
Les soirées longues et paisibles.
De tout notre être, nous aspirons
La douceur irrésistible
D’un fugace été, toujours trop court
Pour l’explorer à satiété.
Je vous souhaite des brassées de fleurs,
Des joies simples et vraies,
Des feux d’artifices dans le cœur
Et des amitiés partagées.

Vous avez des problèmes de limaces ou de colimaçons au jardin? J’ai ajouté une suggestion dans la section astuces saisonnières.
10 nouvelles photos ont été ajoutées dans l'album. 






Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com
Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire ou par un courriel et vous ferez partie de la liste pour ces envois.  

samedi 11 juin 2011

Un samedi de rêve au jardin de l'herboriste

Un samedi de juin bien fleuri


Pas beaucoup le temps d’écrire ces jours-ci. Il fallait tout mettre au potager et par surcroit, désherber en même temps la totalité des îlots près de la maison. 
Pour le reste du cinq acres qui constituait l’Armoire, je regarde l’envahissement avec un coeur de plus en plus détaché. Ça vaut mieux pour ma santé mentale et physique. Ce qui ne m’empêche pas de rescaper régulièrement quelques belles plantes survivantes ou de planifier de le faire plus tard. 
Tout pousse à vue d’œil. Je ne vois plus d’abeilles dans les jardins et l’essaim sauvage semble avoir décidé d’aller s’installer ailleurs que dans les murs de mon lieu de séchage. Par contre, je n’ai jamais vu autant de taons, de bourdons, de guêpes et de toutes autres espèces de créatures aptes à polliniser. 
Mon premier pavot bleu de la saison a fleuri. Je m’émerveille autant à chaque fois que j’en vois un. (Lire mes aventures avec le pavot bleu dans la section textes). Je fais de fréquents détours pour aller l’admirer. Mes plants de meconopsis sont maintenant un peu trop envahis par les muguets roses, les podophylles et les fougères, au point que je devrai leur trouver un autre havre. Il paraît selon certaines sources que ce n’est pas une bonne idée de les diviser ou de les transplanter. Avec les soins appropriés, je crois que j’y parviendrai. J’attendrai après la floraison; le début de l’automne devrait être favorable à ce dépaysement. Y a pas que les québécois qui déménagent! 
Les autres vivaces que j’ai divisées se portent très bien, les pluies printanières ayant facilité leur enracinement et leur reprise vigoureuse. Je vais mettre mes coups de cœur récents dans la section photo. Le règne végétal est si glorieux! Cette année, je n’arrête pas de photographier les étonnantes boules de semences des pissenlits, créant des sphères lumineuses si attrayantes quand on sort du… jugement? Dieu sait que je ne manquerai jamais de sujets… Je suis aussi éblouie par les juliennes des dames parfumées et si attirantes pour les papillons, par les ancolies, les polémonies, les lupins, les pavots rupifragum et vivaces. 
À date, j’ai fait sécher de l’origan, de l’estragon, de la mélisse, de la camomille et quelques autres délices. J’ai aussi fait de la teinture-mère d’aubépine, de menthe pouliot et d’ortie. De tout petits pots qui ne ressemblent en rien aux volumes requis avant la fermeture de mon herboristerie. Mais ce sera bien assez pour l’herboriste qui elle, a bien ses blessures à soigner et ses énergies à refaire. Cordonnier mal chaussé, dit-on. 
Le cerfeuil est en fleur et devrait donner plusieurs autres cueillettes en cours de saison. Ma vigne de kiwi, géante et vigoureuse à souhait, en plus de créer de l’ombre pour l’hydraste du Canada, fleurit abondamment ces jours-ci. Le raifort aussi est vibrant de fleurettes blanches que je trouve délicieuses piquantes sur les salades, avec les douces pensées sauvages. 
Eh bien! Salut. Ma pause est maintenant terminée. Je repars à l’aventure… de cette belle journée de printemps!


Vous pouvez m’envoyer vos courriels à danielelaberge@hotmail.com





Si vous voulez être informés lorsque je mets des nouveaux textes ou change des éléments du blogue, laissez-le moi savoir soit par un commentaire, en devenant membre du blogue ou par un courriel et vous ferez partie de la liste pour ces envois.